Source : LE PETIT ROBERT - DICTIONNAIRE DE LA LANGUE FRANCAISE

MANDRAGORE n.f. - 1268 ; madeglore fin XIIe ; lat. mandragoras, mot gr.

1. Plante (solanacées) aux propriétés mydriatiques (dilatation de la pupille), dont la racine fourchue, comparée à une forme humaine passait pour avoir des vertus magiques.
2. Racine de la mandragore. La mandragore servait autrefois de talisman.

Source : ENCYCLOPEDIE DES PLANTES - Texte de Danielle Manta et Diégo Sénoi (77)

La Mandragore : Mandraghola officinarum, famille des solanacées.
Grosses racines biparties, tige très courte, feuilles pétiolées d'une jolie couleur verte, fleurs de couleur violacée, fruits jaunes.
La Mandragore est une plante herbacée, poursuivie depuis des siècles par la pire des réputations : des sorcières et des jeteuses de sorts se servaient des baies de cette solanacée pour préparer des narcotiques et des philtres d'amour.
On croyait que ses infusions étaient utiles, entre autre contre la stérilité.
Pythagore estimait que ses racines rendaient invisible.
On dit qu'elle procurait la volupté, qu'elle guérissait des infirmités, qu'elle portait chance dans les querelles et les procès, herbe magique par excellence.
Les légendes les plus sombres accompagnent l'histoire de cette plante :
On lui attribuait la plus grande efficacité, surtout lorsqu'elle avait été cueillie sous la potence, aux pieds du pendu, mouillée d'une goutte de sperme émis dans les derniers spasmes de l'agonie.
Ce qui est caractéristique aussi, c'est la manière dont il faut cueuillir la Mandragore : elle ne devait pas être touchée par l'homme car, disait la légende, celui-ci serait mort foudroyé à l'instant même où il l'aurait déracinée. Il fallait alors l'arracher au moyen d'une corde, attachée au cou d'un chien noir. On incitait alors l'animal à courir. La mandragore était ainsi déracinée et le chien mourrait. En même temps, l'homme devait sonner le cor pour ne pas entendre les cris que la plante poussait en se sentant arrachée du sol. Ces cris, en effet, auraient tué l'homme.
Il faut dire que la Mandragore rappelle vaguement, il est vrai, une forme humaine. Ainsi, on la considérait comme une amulette aux pouvoirs magiques inégalables. On devait la garder jalousement dans un petit coffre, revêtue d'habits somptueux, et on lui donnait régulièrement à boire et à manger. Quand on croyait l'entendre pleurer -et il y a des témoins qui jurent l'avoir entendue gémir- cela annonçait de grands malheurs dans la famille.
En pharmacologie, on considérait que la mandragore était une herbe dotée de pouvoirs aphrodisiaques. Tel est en effet le propos de la Comédie de Marchiavel qui porte ce nom. Il semble pourtant que son action soit anasthésique : accompagnée d'autres drogues, la Mandragore était administrée aux condamnés à mort.
Aux dires des occulistes, les effets magiques de la Mandragore sont plus puissants que toute autre plante.
Les textes prétendent toutefois qu'il faut prendre certaines précautions rigoureuses. Parmi celles-ci : ne jamais toucher la Mandragore avec le fer et toujous la cueillir sous le vent. Quant-à sa racine, on sait par d'anciens textes de magie que ses véritables effets magiques sont déterminés par la pâte obtenue après l'avoir broyée. Mais cela doit se pratiquer à certaines heures astrologiques, en certaines périodes de l'année, dans un mortier constitué de sept métaux, c'est-à-dire d'un alliage spécial, de fabrication très compliquée.

Source : DICTIONNAIRE DES SYMBOLES - Jean Chevalier et Alain Gheerbrant

La Mandragore symbolise la fécondité, révèle l'avenir, procure la richesse. Dans les opérations magiques, la Mandragore est toujours prise comme élément mâle, alors qu'elle est dans sa forme mâle et femelle. Dans la mesure où elle est pourvue d'une racine nourricière, la Mandragore signifie les vertus curatives et l'efficacité spirituelle. Mais c'est un poison qui ne peut être bénéfique que s'il est consommé savamment dosé.
La Mandragore est censée naître du sperme d'un pendu (SCHM).
Les baies de la Mandragore, de la grosseur d'une noix, de couleur blanche ou rougeâtre, étaient en Egypte symbole d'amour : sans doute en vertu de leurs qualités aphrodisiaques.
Chez les grecs, elle était appelée La plante de Circé, la Magicienne. Elle inspirait une crainte révérencieuse. Pline observe, après Théophraste : ceux qui cueillent la mandragore prennent garde de n'avoir pas le vent en face. Ils décrivent trois cercles autour d'elle, avec une épée, puis ils l'enlèvent de terre en se tournant du côté du couchant... La racine de cette plante, broyée avec de l'huile rosat et du vin, guérit les inflammations et les douleurs des yeux. (Hist. nat. 25, 94, dans LANS, 6, 164).
On l'appelait encore au XVIIIe siècle la main de gloire et elle était réputée rendre le double de ce qu'elle avait reçu : deux écus d'or pour un écu, deux écuelles de grain pour une écuelle.
On retrouve dans ces légendes populaires le symbolisme de la fécondité et de la richesse, attaché à la Mandragore, mais à la condition qu'elle soit traitée avec précaution et respect. C'est une des plantes qui donnèrent lieu au maximum de superstitions et de pratiques magiques.

Source : DICTIONNAIRE DES SUPERSTITIONS ET DES CROYANCES - Pierre Canavaggio

Cette plante fabuleuse naît, dit-on, du sperme que les pendus répandent sur le sol au moment où ils trépassent. Ses fruits de la grosseur d'une noix, de couleur blanche veinée de rouge étaient déjà recherchés par les égyptiens qui lui prêtaient des vertus aphrodisiaques.
Les grecs la nommaient Circée la magicienne parce qu'elle leur inspirait une crainte révérentieuse.
A son sujet, Pline le jeune écrivait que "ceux qui cueillent la Mandragore prennent garde à ne pas avoir le vent en face ; (il faut qu') ils décrivent trois cercles autour d'elle avec une épée, puis (qu') ils l'enlèvent de terre en se tournant du côté du couchant. La racine de cette plante broyée avec de l'huile rosat et du vin, guérit les inflammations et les douleurs des yeux".
Il en allait autrement pour Paracelse qui, quelques siècles plus tard, conseillait d'opérer à la nuit d'un vendredi sous le gibet d'un pendu, accompagné d'un chien noir. Et là, d'attendre qu'un orage se lève pour arracher une mandragore à la lueur des éclairs. D'après lui, la mandragore qui était une racine à-demi humaine, restait soumise à celui qui lui donnait de l'âme en la déterrant.
Jusqu'à la fin du siècle dernier, on a assuré en France que la Mandragore rendait le double de ce qu'elle avait reçu : deux louis pour un, deux écuelles de grain pour une. On en est moins sûr aujourd'hui.
Pour rendre une mandragore magique, on la plaçait pendant un mois dans la fosse d'un cimetière. Après quoi, on la faisait sécher au four et on l'enfermait dans un morceau de linceul : "Tant que l'on est en sa possession, affirmait le Grand Albert, on voit tous les jours augmenter sa chance".